Vote du budget 2010

Intervention lors du conseil municipal du 30 mars

mercredi 31 mars 2010


INTERVENTION DES ELUS VERTS AU CONSEIL MUNICIPAL DU 30/03/2010

Monsieur le Maire, chers Collègues, chers concitoyens Tout d’abord, un grand merci à Michèle Werrebrouck ainsi qu’aux services pour la préparation de ce budget, étape très importante de notre vie municipale et celles de nos concitoyens.

En tant qu’éluEs, nous y avons déjà consacré de nombreuses heures et ce soir c’est un premier point d’étape qui permet de rendre plus opérationnel ce document.

Malgré les efforts faits cette année pour vulgariser son approche, il semble important de poursuivre la recherche de toujours plus de pédagogie car cela est garant de la transparence de gestion que nous souhaitons tous.

En tant que militants de longue date pour une démocratie de proximité et dans un futur que nous souhaitons le plus proche possible, de budgets participatifs, nous avons été très déçus du faible nombre de participants à la présentation qui a été faite aux conseils de quartier le samedi 20 mars. L’ont-ils pris pour de la simple information ?

Quelque soit les meilleures raisons du monde, il nous faudra revoir la copie pour rendre ce moment plus partagé.

Le budget 2010, comme l’an dernier, nous le partageons dans ses grands axes et globalement nous nous y retrouvons. Un budget c’est mettre en place les axes programmatiques du projet municipal que nous partageons mais un budget c’est aussi des choix. Lors du débat budgétaire, les uns et les autres, surtout à gauche, nous avions dénoncés la crise économique et financière touchant nos sociétés et l’impact systématique sur les plus faibles d’entre nous. A la même époque l’an dernier il en était de même. L’an prochain, les années qui suivront, nous craignons de déplorer toujours les mêmes causes et les mêmes effets. Tant que nous n’aurons pas au niveau de nos Etats, changé de modèle économique, de société, nous en serons toujours à essayer de corriger les effets négatifs. Corrections qui se feront avec de moins en moins de moyens de la part de l’Etat car sa stratégie est de diminuer sa charge, sa dette colossale. Cette dette est bien sur, la superposition de politiques plus ou moins bonnes mais le citoyen n’a pas à en subir les effets néfastes. L’Etat continue à se désengager et peaufine sa stratégie visant à transférer sur les ménages la fiscalité jusqu’à présent due par les entreprises. Ce budget, lors de son élaboration a pris en compte la crise, comme l’an dernier, Elle est profonde et durable, nous la subissons, ses effets sont de plus en plus considérables pour un grand nombre de nos concitoyens.

Nous ne pouvons qu’être solidaire du choix de poursuivre la qualité du service rendu à la population et le soutien aux acteurs sociaux afin d’atténuer la crise pour les populations les plus défavorisées,

Le cap d’une gestion saine de la ville est maintenant atteint et n’est plus vraiment à démontrer, permettant de maintenir ou conforter des marges de manœuvre pour des lendemains qui, à ce rythme,malheureusement chanteront moins.

C’est pourquoi notre budget doit atténuer le plus possible le désespoir en renforçant tous les éléments de solidarité, mais en regardant l’avenir sans nous recroqueviller ; en lançant une politique plus forte dans des domaines qui sont essentiels pour répondre à l’urgence sociale et écologique de nos concitoyens et de notre planète car cela est intimement lié.

Pour nous le rétablissement des équilibres financiers est effectif. Les dépenses de fonctionnement sont sous contrôle. La part d’autofinancement, nous l’avons vu dans l’exposé de notre adjointe aux finances, est suffisamment élevé pour permettre à la fois d’agir intelligemment sur les différents leviers et prendre des décisions pertinentes au fur et à mesure que s’écoulera l’année.

Aussi, nous souhaitons qu’à l’analyse des résultats du prochain compte administratif nous puissions déjà orienter des moyens supplémentaires plus significatifs dans notre politique de développement durable (économie solidaire, énergies nouvelles, déplacements doux et non polluants, bio diversité développée, passage en bio de la restauration scolaire, gestion des déchets lors des manifestations organisées par la ville, prévention en créant un poste d’éco-garde dont l’équivalent dans la fonction publique territoriale est le garde champêtre …).

La politique volontariste en ce domaine est un acte gagnant pour demain. Il ne faut pas le faire à minima car cela ne paiera pas aussi efficacement. Notre ville a longtemps été le champ d’expérimentation, d’innovation et doit le rester. Elle se doit de faire partie des locomotives de la métropole pour aider à améliorer le bien-être des populations de ce grand territoire.

Nous devons imaginer des projets novateurs, originaux ou qui s’inscrivent dans une démarche pionnière de pratique de développement durable. C’est ça mettre l’investissement au service de sa population et de son développement Nous l’avons déjà dit, il ne faut pas compter sur l’Etat pour innover, défricher de nouveaux espaces. C’est à nous, avec les moyens financiers nécessaires, de le faire, et très vite. Il ne s’agit pas de rentrer dans un effet de mode, comme l’a fait le gouvernement Sarkosy, qui n’est rien d’autre qu’une politique d’éco-blanchiment, de laquelle on se retire à la moindre tempête électorale (taxe carbone par exemple, mal pensée et déjà jetée !) Notre ville doit être volontariste et être exemplaire en ce domaine. L’investissement consenti dans ce domaine deviendra source d’économies pour demain, et ne pas subir est toujours plus positif surtout dans ces temps de morosité et d’austérité. Un budget bien construit, des dépenses maîtrisées c’est à dire qui ont du sens pour la politique souhaitée et non des économies de principe, permettent à notre ville de répondre à ces futurs investissements mais pas n’importe lesquels. Nous entendons bien les sirènes du toujours plus d’investissements pour toujours plus d’endettement mais pour quelles réalités ? Le budget prévoit d’augmenter de façon conséquente celui-ci car il est absolument nécessaire d’intervenir sur le bâti vieillissant. Cet investissement prendra bien sur en compte des normes exigeantes en matière d’isolation, de consommation d’énergie les plus réduites possibles afin de diminuer en parallèle les coûts de fonctionnement, rendre plus performants l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, répondant plus aux normes actuelles, cela permet du mieux-être pour ses occupants, quelque soit le temps passé à l’intérieur de ceci. Reste à décider s’il vaut mieux emprunter ou le financer par nous-mêmes. Nous sommes, bien entendu, partisans de ne pas engraisser le système bancaire en jouant cette unique carte de l’emprunt même si les taux, nous dit-on ne sont pas très élevés. Si nous parions sur une crise financière telle que 1929, alors empruntons tout. Nous préférons un subtil arbitrage qui devra se faire tout au long de l’année car il n’y a pas de réponse à 100% pour l’un, 100% pour l’autre. Si ne pas emprunter signifie se priver de moyens en fonctionnement pertinent pour le service à la population, cela n’aura pas de sens. Cela passe donc bien toujours par le contrôle de la pertinence et l’efficacité des dépenses.

Quels autres types d’investissement ? de nouveaux équipements ? Une nouvelle base nautique cette année, de nouvelles tribunes dans le futur.

Ce budget 2010 doit être un budget charnière. Charnière car il nous faudra relâcher certaines contraintes car à trop contraindre on finit par ne plus se donner les moyens de ses politiques et cela peut amener une démotivation des personnels. Si les conditions de travail deviennent plus difficiles, un pouvoir d’achat qui ne s’améliore pas, cela entraîne de la morosité et une baisse d’efficacité. Aussi soyons vigilants ! Nous sommes dans l’humain ! Pour la population, il en est de même, elle aura une mauvaise lecture de notre projet, elle verra un moindre dynamisme de la ville.

Les recettes ne vont pas s’améliorer et il nous faudra faire preuve d’imagination pour continuer à rendre un service à la population performant. Il nous faudra donc être volontariste. Nous pouvons compter sur l’Etat pour contraindre de plus en plus les ressources des collectivités territoriales, forme de confiscation d’un pouvoir de décision pour notre collectivité. Le but est bien de réduire les collectivités à recevoir juste les ressources nécessaires pour leur permettre d’assurer leurs compétences et seulement leurs compétences. En spécialisant celles-ci, en limitant les financements croisés, l’objectif du gouvernement est bien d’obliger les collectivités à privatiser leurs services publics, à recourir aux secteurs privés pour leurs investissements (développement des Partenariats Publics Privé par exemple).

Urgence sociale, Urgence écologique, Urgence climatique, imposent une nouvelle vision. Le budget de notre ville amorce le changement, demain il faudra faire encore plus dans ce sens là, et ce budget 2010, donne la direction à poursuivre pour les futurs budgets. Lutter contre le fatalisme, le « ça a toujours été comme ça » « on ne peut rien changer ». Une vraie politique de Gauche s’adresse à la conscience et à l’intelligence de ses concitoyens et ne peut donc être qu’une politique de gestion.

Le groupe des Verts votera donc, sans hésiter, ce budget 2010