Motion de soutien aux enseignants et parents d’élèves

suivi de l’intervention de Nathalie Constant

mercredi 31 mars 2010


Motion de soutien aux enseignants et aux parents d’élèves dans leur combat pour le maintien d’un service public de qualité.

Engagé dans une logique purement comptable, le ministre de l’éducation a annoncé la suppression de 16000 postes dans l’Education Nationale pour la rentrée de 2010.

A Villeneuve d’Ascq, cette mesure entraine la fermeture de 4 classes de maternelle, et une baisse de la dotation globale horaire dans tous les établissements secondaires, ce qui se traduit par la suppression de 14,5 postes de professeurs sur l’ensemble des collèges et lycées de la ville, avec des effectifs qui restent pourtant globalement stables.

Au lycée Queneau, ce sont ainsi 5 postes et ½ qui sont supprimés. Le Lycée accueillera pourtant 56 élèves de plus à la rentrée prochaine.9 postes disparaitrons dans les collèges de la ville.

Ces suppressions de postes vont provoquer une dégradation des conditions d’enseignement pour les enseignants mais aussi une dégradation des conditions d’apprentissage pour les élèves. Elles vont entraîner une augmentation du nombre d’élèves par classe, une diminution des heures de travail en groupe et fragiliser les moyens publics d’accompagnement des élèves rencontrant des difficultés scolaires. Elles vont donc compromettent l’objectif d’assurer la réussite de tous et laissent présager un nouveau creusement des inégalités.

Le conseil municipal de Villeneuve d’Ascq, en vertu de son attachement aux valeurs de la République, aux principes d’égalité des chances, de citoyenneté, de laïcité et de solidarité exprime son désaccord sur la suppression programmée par le Ministère de l’Education Nationale de ces 17,5 postes de professeurs.

Réduire le nombre de professeurs, le nombre d’heures d’enseignement et ne plus assurer les remplacements par des enseignants qualifiés c’est s’inscrire dans une logique d’échec scolaire et d’inégalité des chances.

Ce ne sont pas les exigences d’un service public de qualité, au service de tous les élèves qui priment dans les décisions ministérielles, mais bien la seule rigueur budgétaire.

Au collège Léon Blum le combat déjà mené a heureusement permis de rétablir le poste d’un professeur à mobilité réduite mais il devient urgent d’aller plus loin dans les mesures de protection des handicapés dans l’éducation nationale en particulier en cas de suppression de postes.

Il est illusoire d’imaginer que la France relèvera les défis de l’avenir, de l’intégration républicaine, de la solidarité, sans consolider les moyens mis dans l’éducation nationale.

Nous, élus, de la majorité (EPVA et Verts), du groupe PS et des non Inscrits au Conseil Municipal de Villeneuve d’Ascq, exigeons donc la suppression immédiate de ces mesures et le maintien des heures d’enseignement, aux côtés et solidairement avec les élèves, leurs parents et les personnels de l’Education Nationale en colère.


l’intervention de Nathalie Constant

Bonjour

ci-dessous, l’intervention de Nathalie Constant lors de la présentation de la motion :

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Elus,

Bonsoir et merci

Je prends la parole au nom du groupe des Elus Verts pour exprimer notre soutien complet à cette motion.

Au nom du groupe des élus verts, mais pas seulement... Vous ne m’en voudrez pas ce soir si dans mes paroles, vous entendrez aussi le professeur que je suis également, et le parent d’élève, que nous sommes, avons été ou serons, pour beaucoup d’entre nous.

Vous le savez, ces dernières semaines ont été marquées par une lutte continue contre une décision comptable et implacable du gouvernement de sacrifier l’éducation et l’avenir de nos enfants, en programmant, pour la rentrée prochaine, la suppression de 16000 postes de professeurs, parmi lesquels, en ce qui concerne notre ville, 4 classes en maternelle, 16 postes pour les 2 lycées et 5 collèges de la ville, et tout cela pour des effectifs qui restent identiques, voir pire, augmentent.

Je tiens ici à saluer les actions de lutte qui ont été multiples : ce sont les professeurs, parents et élèves représentants qui ont massivement boycotté les Conseils d’Administration des établissements refusant ainsi les prévisions de dotation globale horaire qui, en l’état, ne permettaient même pas aux établissements de fonctionner a minima, … ce sont les grèves des enseignants, massivement suivies les 9 et 25 mars derniers : 2 professeurs sur 3 étaient grévistes !, … c’est aussi la journée collèges et lycées morts initiée par les parents d’élèves le 11 mars, et pour laquelle les familles ont unanimement suivi puisque plus de 95% des familles n’ont pas mis leur enfant au collège ou au lycée ce jour là !... des actions de lutte, toutes récentes, encore : samedi 27 mars, les rues de notre ville ont vu défiler plus de 300 professeurs, parents d’élèves, élus... en colère contre le sacrifice de l’enseignement.

Face à cela, le Rectorat affiche une surdité dangereuse... La délégation du lycée Queneau se voit accueillie par des CRS, s’entend dire n’être pas attendue alors que le rendez-vous avait été pris, pour finalement se voir répondre que le Rectorat « n’a rien à offrir »...

C’est aussi le Rectorat qui cherche à diviser pour mieux régner en affirmant qu’il est possible de rajouter des moyens... mais que cela se fera en baissant les moyens d’autres établissements !...

C’est également le Rectorat qui joue la montre et qui, plus d’une semaine après la demande officielle de la Mairie, daigne enfin – sur le principe, sans fixer toutefois de date - accorder un rendez-vous à une délégation de professeurs, parents d’élèves et élus... Tout en sachant très bien qu’il est trop tard puisque le mouvement intra-académique (processus par lequel les profs sollicitent une nouvelle affectation) a commencé le 26 mars !

Nous, parents d’élèves, professeurs, élus... sommes mis devant un fait accompli et programmé pour des raisons comptables.

L’Education n’est pas une marchandise. Même si elle a un coût, … élevé, elle vaut bien autre chose que de l’argent : c’est l’avenir de nos enfants, celui des citoyens de demain qui est en jeu.

Et comment admettre sans se révolter que l’Etat refuse d’investir dans un projet d’envergure, à savoir l’avenir des générations futures.

Ceci seulement parce que, pris dans une logique capitaliste pure et dure, il refuse de voir l’intérêt d’un investissement si celui-ci n’est pas immédiat !

Le plus triste dans tout ça, c’est que la décision ministérielle de supprimer des postes de professeurs malgré des effectifs en hausse s’inscrit dans une continuïté de communication manipulatrice...

C’est bien connu, quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage.

C’est exactement ce que fait le gouvernement avec l’enseignement public : pour en préparer le sacrifice, il l’accuse de tous les maux : inadaptation (le fameux « dégraissage du mammouth » de Claude Allègre, inutilité (pour rappel les déclarations de Xavier Darcos sur l’inutilité de l’école maternelle et les bac + 5 payés à faire faire la sieste aux enfants...), manque de professeurs devant les élèves (chiffres tronqués en amont et programmant un nombre insuffisant de remplaçants, que Luc Chatel veut solutionner en recrutant des retraités et des étudiants à la place...) – et ceci, tout en occultant sa propre responsabilité dans les faits qu’il dénonce ! -

Comment ne pas être révoltés devant ce déroulé implacable et comptable...

Comment ne pas être scandalisés, comme tous les parents d’élèves et les enseignants le sont, en constatant les manipulations qui démontrent que l’éducation n’est absolument pas la priorité d’un Ministère qui en porte pourtant le nom !

Pour toutes ces raisons, et bien d’autres dont le temps manque ici pour les exposer mais qui renvoient à la même logique : le refus du sacrifice de l’enseignement sur l’autel de la logique financière, nous, élus Verts, souscrivons complètement à cette motion et rappelons notre soutien aux professeurs, parents d’élèves et personnels administratifs et techniques de tous les établissements scolaires.