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Débat sur la politique d’accueil de la petite enfance à Villeneuve d’AscqIntervention au conseil municipal du 16 décembre 2009 lundi 21 décembre 2009 Le débat programmé ce soir est l’occasion de faire le point sur les besoins et sur l’existant en matière de structures d’accueil de la petite enfance, et surtout, de réfléchir à l’articulation des deux, besoins et existant, au regard de deux questions essentielles, à savoir :
Un constat tout d’abord : Si l’on prend en compte l’offre d’accueil collectif municipal et associatif et l’offre d’accueil familial municipal, on s’aperçoit qu’avec une place disponible pour 5 enfants, Villeneuve d’Ascq se situe largement dans le « haut du panier », comparativement à d’autres grandes villes comme Lille ou Roubaix où l’offre est d’environ une place pour 8 enfants. En réalité, l’offre est plus élevée, car en raison des aménagements horaires (tous les enfants ne sont pas accueillis en même temps), le nombre d’inscrits est supérieur au nombre de places agréées. Sur notre ville, on en arrive donc, en réalité, à une possibilité d’accueil en structure collective de 1 place pour 4 enfants. A cela, il faut ajouter les 700 places proposées par les assistantes maternelles indépendantes, qui représentent la moitié de l’offre d’accueil. Concrètement, au vu de l’existant et toutes structures confondues, une famille villeneuvoise sur deux peut donc bénéficier d’une place de garde pour son enfant de moins de trois ans. Bien sur, toutes les familles n’ont pas besoin d’un mode de garde : en France, aujourd’hui, 25% des enfants de moins de trois ans sont gardés par un parent en congé parental. A cela s’ajoutent également les arrangements familiaux (grands-parents par exemple...) L’offre d’accueil est donc conséquente sur notre ville (avec un budget à la hauteur des ambitions puisque le budget opérationnel annuel de la ville consacré à la petite enfance représente plus de 4 millions d’euros, soit 7,7% du budget total...), et on peut dire qu’elle approche au plus près les besoins de la population. Cependant, c’est vrai, il existe encore un décalage puisque parmi les inscriptions antérieures à janvier 2009, une cinquantaine de familles restent encore dans l’attente d’une place en crèche. Si, au regard de la population villeneuvoise, ce nombre est à relativiser puisqu’il ne représente que 2% des familles ayant un enfant de moins de 3 ans, il mérite cependant qu’on y accorde toute notre attention en menant une réflexion sur les perspectives à venir. Sur ce point, on ne peut que se féliciter du fait que, d’ici deux ans, la ville se soit engagée, à travers deux partenariats et une extension, à créer 64 places supplémentaires dans les secteurs de la ville où les besoins sont les plus importants compte-tenu de l’arrivée de nouveaux habitants (c’est notamment le cas du sud de la ville avec la Haute Borne). Concernant le manque de places au nord de la ville (Breucq, Sart, Babylone), nous félicitons les efforts de Sylvie Garnier pour contribuer à répondre à la demande, à savoir le recrutement de 5 assistantes municipales et le projet d’achat de place en crèche d’entreprise avec la centrale d’Auchan ou la future clinique (voir Nord Eclair du 16 décembre). Sur ce point, nous souhaiterions également souligner l’importance d’encourager aussi la création de crèches parentales dans les quartiers de la ville où de nouvelles familles s’installent. Un autre point sur lequel les engagements de la ville sont matière à reconnaissance concerne le fait que les familles semblent tout à fait satisfaites de la qualité de l’offre municipale : Cette reconnaissance est indiscutable quand on sait que dans notre ville, les familles font prioritairement le choix prioritaire d’un accueil collectif : c’est ainsi le cas de 18% des familles (contre moitié moins en moyenne en France). Ce choix est bien sur une résultante du fait que l’offre est à la hauteur de la demande. D’une manière plus interrogeante, ce pourcentage est à examiner en relation avec le fait que certaines assistantes maternelles agrées sont au chômage, et ceci surtout sur le nord de la ville, là où justement il est fait état d’un manque de places... Sur ce point, il paraît important de rappeler que le choix préférentiel d’un accueil collectif n’est pas guidé par des motifs financiers, car compte-tenu des aides sociales, le coût est à peu près équivalent pour les familles. Une des raisons d’un choix préférentiel pour une structure collective tient peut-être au fait du fait que les démarches sont perçues comme étant plus complexes dans la mesure où faire appel à une assistante maternelle fait des parents des employeurs. Sur ce point, et en vue de faciliter les démarches, on soulignera ici encore la participation municipale à la mise en place des RAMI (réseaux d’assistantes maternelles), qui est un service municipal gratuit qui s’adresse aussi bien aux assistantes maternelles indépendantes qu’aux parents qui les salarient, et qui propose un accompagnement personnalisé dans les démarches administratives et pédagogiques. Une autre raison expliquant le fait que les familles préfèrent les modes de garde collectif s’explique par le fait que justement, il s’agit de permettre à l’enfant d’entrer dans la collectivité, de favoriser la socialisation. Les actions du RAMI vont en ce sens en permettant aux assistantes maternelles de se retrouver plusieurs demi-journées par semaine dans des salles mises à disposition par la ville, ce qui permet aux enfants de rencontrer d’autres enfants, d’autres adultes, et de bénéficier collectivement d’activités ludiques et culturelles. Souligner la qualité de l’encadrement dans nos structures collectives municipales amène à faire un comparatif entre jardin d’enfants et jardins d’éveil. En effet, devant l’insistance des élus UMP à faire valoir l’intérêt de créer de jardins d’éveil à Villeneuve d’Ascq, nous avons souhaité, et ceci de manière impartiale et sans a priori, comparer les intérêts respectifs des jardins d’éveil et des jardins d’enfants. Le public concerné est le même puisque l’un comme l’autre s’adresse aux enfants de 2-3 ans, jusqu’à 4 ans théoriquement pour les jardins d’enfants, mais dans les faits, il n’y a quasiment pas d’enfants de 4 ans en jardins d’enfants sur la ville. Par contre, le taux d’encadrement est plus élevé en jardin d’enfants, un adulte pour 8 enfants contre 1 pour 12 en jardin d’éveil, ce qui garantit un accueil plus individualisé en jardin d’enfants. En jardin d’éveil, l’accueil est préconisé en demi-journée... pas simple pour les parents qui travaillent à temps complet !, alors qu’il est possible en journée complète en jardin d’enfants. De plus, le jardin d’éveil coûte plus cher à la municipalité et aux familles, compte-tenu de l’aide moindre de la CAF pour ces structures. Le seul intérêt du jardin d’éveil se trouve du côté des finances du gouvernement, puisque, par un tour de passe-passe des compétences, il entend ainsi se décharger de sa mission d’enseignement à destination des enfants de 2-3 ans, et faire ainsi des économies considérables sur le dos des municipalités. Et, ne nous laissons pas abuser, c’est bien de cela – et uniquement de cela – dont il s’agit ! … 20% des enfants de 2 à 3 ans sont actuellement accueillis à l’école maternelle (ce pourcentage était de 35% il y a quelques années, mais les suppressions de postes n’ont pas aidé à le maintenir aussi haut, les écoles préférant fermer la plus petite classe de maternelle plutôt que d’avoir des niveaux supérieurs surchargés). Cela représente environ 170000 enfants, soit près de 6000 postes d’enseignants. Remplacer les classes des 2-3 ans – dont les salaires des enseignants sont payés par l’état – par des « jardins d’éveil » – dont les salaires des encadrants seront pris en charge par les Mairies et les familles – permet ainsi à Xavier Darcos de faire économiser à l’Etat l’équivalent de 20 millions d’euros chaque année... et de répercuter par un tour de passe-passe le coût sur les familles et les collectivités, quitte à sacrifier l’aspect éducatif de l’école maternelle. Je veux bien qu’on m’explique l’intérêt des jardins d’éveil, je n’en ai pas trouvé, et à moins de considérer comme Madame Bariseau l’a encore fait ce soir en affirmant que deux personnes pour garder – et je souligne bien le verbe « garder » - 30 enfants, c’est peu, que l’école maternelle ne sert à rien et n’a pas mission d’éducation – ce qui, soit dit en passant, est contraire aux études faites avec le soutien de l’Education Nationale qui montrent que la scolarisation dès 2 ans est bénéfique pour tous les enfants, et plus encore pour ceux dont la culture familiale est éloignée de la culture scolaire. Pour conclure l’intervention, nous remercions Florence Bariseau d’avoir demandé un débat sur la politique d’accueil de la petite enfance, car cela a permis de mettre en lumière la réalité et la qualité de l’offre proposée par la ville, et ce serait faire preuve de mauvaise foi que de contester la politique ambitieuse et le travail réalisé sur ce point par Sylvie Garnier ainsi que par les services municipaux.
Enfin, trois petites remarques et/ou questions pour clore notre intervention, qui ne demandent bien sur, pas forcément une réponse immédiate :
Je vous remercie. |
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