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L’expérience Villeneuvoise de la ferme du Sart suffit !

il ne faut pas de Ferme du Sart bis à Wambrechies !

lundi 21 septembre 2009


Il y a trois ans, la première « Ferme du Sart » (entreprise de la galaxie du groupe Mulliez dont fait partie Auchan) s’implantait à Villeneuve d’Ascq.

Pour vendre le concept, les dirigeants mettaient en avant une volonté d’encourager l’agriculture locale en favorisant les producteurs locaux.

L’idée aurait pu être séduisante – l’installation n’avait d’ailleurs pas reçu, ni des agriculteurs, ni des élus, les démonstrations de défiance qui accompagnent aujourd’hui la volonté d’implantation à Wambrechies - mais peu à peu, la réalité commerciale s’est dévoilée au grand jour, s’attirant les foudres des agriculteurs locaux, de la confédération paysanne et de certains élus.

Pourquoi une telle réticence ?

La démarche utilisée par les dirigeants de cet hypermarché est une démarche purement commerciale, assortie d’un marketing cynique, qui consiste à faire toute la publicité à partir de raccourcis hasardeux. Il s’agit ainsi de faire croire au consommateur qu’il soutient l’agriculture locale s’il fait ses courses dans cet hypermarché.

Mais il ne suffit pas d’avoir 10% de produits locaux pour être exemplaire en terme d’éthique et de durabilité...

La Ferme du Sart surfe sur la vague de la prise de conscience progressive par le citoyen d’une indispensable responsabilisation des modes de consommation pour se poser en alternative aux hypermarchés traditionnels, en se gardant bien toutefois de faire de la publicité sur le fait que :

- Les producteurs qui fournissent les rayons sont contraints, et à la merci du bon vouloir de la direction qui fixe elle-même les marges.

Ainsi, derrière la marque du magasin se cachent des producteurs interchangeables, qui peuvent être remerciés si leurs produits ne conviennent pas où s’ils revendiquent un peu plus de bénéfices ; C’est aussi le système de Comoda : le terrain est fourni gratuitement pendant 4 ans au producteur à condition qu’il vende ses produits à la ferme ; C’est également le système des bons points : en utilisant sa carte bancaire, le client peut laisser une note au produit... Tous ces éléments concourent à mettre une grande pression sur le producteur qui se doit de produire vite et beaucoup (voir ci-dessous les modes de production)... On est bien loin de l’image angélique du producteur local qu’on souhaite encourager !

- Il n’y a pas de contrôle sur les modes de production : produire local, un peu, effectivement... mais surtout produire beaucoup et vite, à l’aide d’engrais chimiques et de nitrates, pourquoi pas ! (cela n’est pas mentionné sur l’étiquette...)

- L’installation de ces hypermarchés va de pair avec un grapillage et un gaspillage des terres agricoles. Ainsi, à Villeneuve d’Ascq, les terres sur lesquelles s’est construite la Ferme du Sart étaient des terres classées agricoles qui appartenaient à LMCU. Après les avoir vendues aux entrepreneurs, la Communauté Urbaine a permis leur reclassement au PLU en terrains constructibles, permettant ainsi la réalisation d’une future plus-value considérable et surtout, donnant la possibilité aux dirigeants de les bétonner et les rendre imperméables afin de faire un parking sur-dimensionné, sans commune mesure avec les besoins réels... Encore une fois, on est à mille lieux d’une réelle volonté de préserver la terre agricole !

Les consommateurs ne doivent pas être dupes de ce tour de passe-passe qui voudrait faire croire qu’un schéma commercial classique et froid est un modèle de durabilité.

De réels moyens pour soutenir l’agriculture locale et durable sont à disposition de tout un chacun :
- les marchés locaux, pour encourager les maraichers locaux, en faisant si on le souhaite le choix du bio ;
- les bio-cabas (paniers hebdomadaires constitués de fruits et légumes produits localement par un groupement de maraichers qui produisent de manière biologique) ;
- les Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne, il s’agit d’un engagement par un système d’abonnement entre un producteur et un groupement de consommateurs)...

Par ailleurs, la prise de conscience d’une nécessité de soutenir l’agriculture péri-urbaine et d’encourager les filières biologiques se dessine de manière très concrète puisqu’elle est désormais inscrite dans le diagnostic de territoire établi par LMCU, ce diagnostic, établi en 2009 servant de référence pour les choix d’aménagement qui seront faits à l’échelle de la métropole.