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A qui le tour ? Nantes se désiste pour l’Euro 2016LMCU peut encore arrêter ses folles dépenses ! mardi 8 septembre 2009 La ville de Nantes par l’intermédiaire de son maire PS, Jean-Marc Ayrault, a annoncé le retrait de sa ville comme candidate à l’accueil de l’Euro de football 2016. Nous nous félicitons d’une telle décision raisonnable. Cela se comprend aisément car en pleine crise du système capitaliste la priorité est ailleurs, mettre tout sur un seul projet est totalement déraisonnable. Pour mémoire le stade de Nantes a déjà connu un toilettage conséquent pour la coupe du monde de 1998, puis en 2007 un reloockage pour la coupe du monde de rugby. En 1998, la facture était de l’ordre de 9 millions, partagés entre l’Etat, la commune et d’autres collectivités. Aujourd’hui il faudrait un plus de 90 millions d’euros, avec quelques années de remboursement à la clef, et sans retombées économiques et financières exceptionnelles. Pourquoi de telles sommes ? En raison des « exigences exorbitantes » des organisateurs, a annoncé hier Jean-Marc Ayrault. Comme pour le projet du grand stade de Lille l’UEFA impose un cahier des charges très exigeant notamment pour la partie création de loges VIP. La participation de l’Etat est prévu mais sans engagements précis. Cet Etat insiste pour que les villes se portent candidates, insiste pour qu’un stade devienne une priorité nationale, au détriment des règlements d’urbanisme, environnementale ou énergétique [1]. En prime l’Etat propose des routes en suppléments mais pas de transport collectif pour mériter de beaux encombrements, de la pollution, du gaspillage énergétique. La coupe d’Europe 2016 devient un enjeu national qui fait perdre la tête à beaucoup. Le pire dans tout cela c’est que l’intérêt général n’est pas pris en compte. L’Etat, tout comme d’autres collectivités, répond vite aux conditions de la multinationale UEFA, qui brasse des millions d’Euros. Le modèle proposé par l’UEFA est bien dans la droite ligne du modèle économique ultra libéral, le même que celui de l’Etat UMP (dont le P n’a rien de populaire !). L’UEFA impose sa règle, ses conditions, l’endettement de la collectivité (pour la mise à niveau de l’équipement et son accessibilité, surtout pour les VIP), la billeterie payée par un public pas forcèment fortuné. Mais les bénéfices dégagés iront dans l’escarcelle des entreprises qui gravitent, des clubs (dirigeants, joueurs etc...), de l’entreprise UEFA. Pour la collectivité ce sera ce beau cadeau appelé "rayonnement" et des emplois induits si la machine décolle en dehors de la compétition. Le risque qui se cache en sus derrière tout cela, c’est que les collectivités, ne pouvant plus répondre à ces exigences, abandonnent ces investissements au profit d’un consortium privé qui réclamera le terrain, les accès et tout ce qui va bien autour au frais de cette collectivité qui ne maitrisera plus son territoire. Petit détail : la candidature de la France ne connaitra son sort qu’en mai 2010 ! Rien n’est donc garanti ! donc rien ne doit être engagé concrètement. On peut comprendre que des engagements se prennent sur le papier mais rien d’autre. Quand certains se projettent déjà dans l’avenir en nous affirmant que le projet d’un grand stade accueillera la compétition, ils nous trompent car nous en sommes au conditionnel, de même sur le fait que l’équipement pourrait servir aux JO de Londres en 2012. On se perd en conjecture pour se rassurer. Demain, Lens pourrait suivre les exemples de Nantes, St Etienne, Strasbourg. D’autres villes pourraient suivre car la conjoncture est loin d’être sure. Le raisonnable serait d’abandonner ce type d’investissement pour la seule rentabilité d’une seule compétition, d’un seul sport. On pourrait dire que ce type de manifestation est une forme "d’opium", distillé auprès de la population pour l’anesthésier et lui faire oublier ses lendemains où le peuple déchantera. À Villeneuve d’Ascq , c’est pour cela que nous appelons toujours de nos vœux l’arrêt du projet grand stade tant qu’il est encore temps. Ce projet ne correspond qu’aux aspirations du "capital" mais ne correspond en rien au besoin de la population. Le PS, avec l’aide du PC, qui a réussi à trouver un consensus pour valider ce projet coûteux, doit en urgence se donner les moyens de remettre à plat le dossier et envisager de le stopper en payant un dédit qui sera toujours beaucoup moins onéreux que ce qui va coûter à la collectivité, Lille Métropole Communauté Urbaine en tête, dans les quarante prochaines années. Le débat de fond n’a jamais eu lieu pour que l’intérêt général soit pris en compte, en revanche certains peuvent se frotter les mains sur la rente de situation qu’ils vont avoir dans le futur. Notes[1] (voir le projet de loi déposé en début d’été adapté pour les stades ne s’intégrant pas dans l’environnement) |
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