ÉNERGIES RENOUVELABLES

vendredi 11 septembre 2009


ÉNERGIES RENOUVELABLES |

L’éolien s’est fortement développé dans la région. Aujourd’hui, celle-ci fait même figure de bonne élève, avec un potentiel immense et déjà 15 % de la puissance produite en France installée sur ses terres. Face à cette implantation, parfois jugée anarchique, des voix s’élèvent, notamment dans les communes rurales. Nuisances sonores, pollution des paysages, mainmise des opérateurs, manque de productivité... La liste des griefs est longue pour les opposants.

Avec un parc de 70 éoliennes, l’un des plus grands de France, le projet de la communauté de communes de Fruges (25 municipalités), lancé en 2001, est emblématique du développement de l’éolien dans la région. Un essor fulgurant qui pose aujourd’hui question. Le maire de Fruges, Jean-Jacques Hilmoine, n’a que faire de ces polémiques. Lui préfère de loin louer les mérites des éoliennes. « Nous avons été pionniers. Grâce à la taxe professionnelle unifiée, le parc rapporte 1,8 million d’euros par an et ce sont 300 000 euros qui ont été reversés aux communes rien que cette année. Nous avons créé des maisons des jeunes, des garderies, des cantines, des centres de loisirs, une salle polyvalente est en cours... », s’enthousiasme-t-il.

En moyenne, quand il n’y a pas de taxe professionnelle unifiée, une éolienne peut rapporter 7 000 euros par an aux communes. Évidemment, à l’heure où les restrictions budgétaires sont légion, et que de plus en plus de charges pèsent sur les budgets des collectivités, la manne est tentante... mais pas du goût de tous.

Ainsi, pour Bruno Béthouart, maire de Montreuil-sur-Mer, il n’est pas question d’idéaliser ces moulins à vent des temps modernes. « Certes, les éoliennes n’émettent pas de radioactivité et elles ont certains éléments positifs. Mais les éoliennes ont aussi leurs limites : elles ne fonctionnent que 20 à 30 % du temps. De plus, dans nos régions, développer l’éolien nous rend coupables d’atteinte à l’avenir des paysages ! », défend-il.

Comme le Cambrésis, le Montreuillois est aujourd’hui une terre d’enjeux. Pas aussi radical, le vice-président du conseil général du Pas-de-Calais et ancien maire de Guînes, Hervé Poher, s’interroge. « Sur la communauté de communes des Trois Pays, nous avons cinq éoliennes. Pourquoi seulement cinq ? C’est le résultat de nos doutes. Il ne faut pas faire n’importe quoi et artificialiser les paysages. » Ces exemples ne sont qu’un minuscule aperçu des débats qui animent aujourd’hui la région, autour des problématiques de l’éolien, et plus généralement des énergies renouvelables.

Mais d’autres aussi font rage entre opérateurs des parcs éoliens et opposants aux projets, voire certains élus. Les uns parlent d’une législation stricte, là où les autres pointent trop de libertés et dénoncent la mainmise de certains. Pourtant, depuis le début des années 2000, la législation encadre mieux les pratiques et un schéma régional éolien, chargé de contrôler l’implantation, existe aujourd’hui. Reste que les outils sont souvent insuffisants. Et ce, alors même que la région a un potentiel réel de 2 000 mégawatts, sur les 20 000 qui doivent être installées en France. Enjeux

Derrière les querelles se cachent donc de vrais enjeux. En toile de fond, la mixité énergétique. Comprenez la multiplication des sources d’énergies renouvelables : éolien, solaire, hydraulique, photovoltaïque... « Je m’étonne qu’on ait mis autant de moyens financiers sur une seule énergie », déplore Bruno Béthouart. « On va devenir vertueux. L’éolien en est le symbole, mais il faut développer les autres énergies. On a là la possibilité d’être exemplaire », plaide Hervé Poher. Et Michel Pascal, directeur de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de conclure : « La première source d’énergie renouvelable, ce sont les économies d’énergie. » •