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Sénat : commission mixte paritaire OGM intervention de Marie-Christine Blandin

jeudi 22 mai 2008


Intervention de Marie-Christine Blandin, Sénatrice du Nord (les Verts) 22 mai 2008 au Sénat. CMP. OGM au Sénat.

Parole sur l’article 1

Commission mixte paritaire sur le projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés au Sénat. 22 Mai 2008.

Il y a la communication : Mardi encore, à Orléans le Président de la République disait : · « Je pense au principe de précaution, je pense à la transparence,... · Je pense à la participation de la société civile aux décisions... »

Il y a le débat du Grenelle et ses arbitrages

· Une haute Autorité qui reflète cette mixité et cette luridisciplinarité... · Davantage de recherche pérenne. · La liberté de produire et consommer sans OGM et la possibilité de produire avec de façon encadrée · Les critères du développement durable · La règle du pollueur payeur. »

Il y a le Ministre du développement durable et sa courageuse secrétaire d’Etat

Et il y a le Ministre de l’agriculture qui signe à Bruxelles en septembre trois nouvelles autorisations de maïs OGM

Et puis il y a le Parlement, et en particulier le Sénat, qui n’a entendu · ni les consommateurs qui n’en veulent pas dans leurs assiettes, · ni les paysans qui craignent des récoltes contaminées · ni les chercheurs

· Ceux de l’écologie · Ceux de l’économie qui d’une part considèrent que l’agriculture biologique peut nourrir des milliards d’habitants sans dépendance pétrolière, · Qui d’autre part observent que l’extension de la monoculture du soja transgénique au Brésil se traduit déjà par une dégradation des sols et des pertes de biodiversité considérables · Qui enfin démontrent que la question de la faim dans le monde est avant tout une question de répartition des ressources : aujourd’hui cultures et innovations sont tournées vers l’alimentation du bétail des riches, surconsommateurs de viande. · Et même ceux de la biologie moléculaire, qui ont osé dire le côté aléatoire des transgénéses et de leurs expressions. Ceux-là, comme Christian VELOT voient leur équipe et même leur thésard privés de moyens !

Ne soyons pas étonnés : en 2003 une enquête de l’école Sciences Politiques sur 200 parlementaires révélait que seuls 4% d’entre eux considéraient la sauvegarde de la faune et de la flore comme un sujet important. Et quand 34 % des français voyaient un lien entre désordres climatiques et effet de serre, seulement 21% des parlementaires le pensaient !

Mais au-delà de cette non écoute, là où le bât blesse, c’est lorsque l’on découvre dans la ligne qui nous a été imposée par les avis du rapporteur, la copie conforme des préconisations expédiées à tous par le GNIS -Groupement de Industries Semencières-....ET l’UIPP -Union des industries de protection des plantes-(curieux, ces fabricants de pesticides qui font la promotion des OGM dont on nous dit qu’ils vont éviter les pesticides !)

Je les cite

· « un régime de responsabilité qui ne soit pas trop contraignant · Une autorité avec deux comités · Une évaluation qui doit rester la compétence exclusive du comité scientifique · Une saisine de l’autorité qui ne soit pas trop large · Le refus de la subsidiarité et de l’interdiction sur certains territoires · Le refus de l’étiquetage des produits

Malgré les efforts des députés pour protéger le « sans OGM », le seuil scélérat de 0,9 %, promu par les firmes, reste possible à cause du sous amendement du Sénat.

Carton plein pour les semenciers qui ont réussi le tour de force que la majorité sénatoriale qui se dit proche de certains agriculteurs fasse peser sur leurs seules épaules la responsabilité en cas de dissémination ! Le chimiste MONSANTO se frotte les mains.

Enfin, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, contre ces prédateurs de la biodiversité, contre ces destructeurs de la liberté de cultiver, et de manger sans OGM, le groupe Grenelle a heureusement inscrit au nombre de ses consensus la « non brevetabilité du vivant » Et bien cette mesure est passé à la trappe comme toute référence aux COV- certificats d’obtention végétale-, et il n’y a pas de hasard. Alors pour nous, avant tout,il y a le bien commun, celui de nos enfants, celui des peuples d’ailleurs comme d’ici, celui qui s’est fabriqué entre nature et culture, Pour toutes ces raisons les élus verts voteront contre ce texte.