Ecole à deux vitesses à Villeneuve d’Ascq

dimanche 27 janvier 2008


Aujourd’hui, à Villeneuve d’Ascq existe une école à deux vitesses, au sein de la ville et au sein même des quartiers (par exemple, au Triolo : Toulouse-Lautrec et Taine, au Château/Pont de Bois : Claude Bernard/Chateaubriand).

Bien sur, cette différence ne réside pas dans les compétences et les motivations des enseignants, qui, pour une très large majorité d’entre eux, choisissent de rester dans les écoles plus « difficiles » alors qu’ils auraient l’ancienneté nécessaire pour obtenir un poste dans d’autres écoles…

La différence ne réside pas non plus dans les moyens accordés aux écoles – tant au niveau municipal (intervenants, personnel atsem, restauration…) qu’au niveau du rectorat et de l’inspection académique (nombre de postes, ouvertures et fermetures de classe…) puisque ce sont des moyens équivalents, qui répondent à des obligations définies préalablement.

En réalité, cette école a deux vitesses est la résultante d’une évolution de la ville qui n’a pas été pensée en amont, et qui n’a pas été accompagnée.

On entend souvent parler de la « paupérisation » de certains quartiers, ou plutôt de certaines zones, dans certains quartiers. C’est un fait. Cette paupérisation existe dans notre ville. Villeneuve d’Ascq est une ville vieillissante où les familles aux revenus intermédiaires ne peuvent plus acheter de maison. Elles restent locataires, dans des quartiers qu’elles aimeraient quitter mais sans pouvoir le faire, et cherchent par tous les moyens à ne pas scolariser leurs enfants dans les écoles de leur quartier (détournement de la carte scolaire, inscription dans le privé…)

… Restent donc dans ces écoles mal-aimées les enfants des familles les plus modestes , pour lesquelles on ne fait rien… Au contraire, on laisse se détériorer leur cadre de vie (cf ce que sont devenus les immeubles du Pont de Bois), on laisse se fermer les petits commerces près de chez eux…

D’ici 2010, la carte scolaire est amenée à disparaître. Il n’y aura plus d’école de référence, chacun pourra choisir d’inscrire ses enfants là où il le souhaite.

On l’a vu, même sans carte scolaire, l’écart se creuse entre les écoles de la ville. Si rien n’est prévu pour en contrer les effets, le risque est de renforcer la « ghettoïsation » - déjà enclenchée - de ces quartiers (Pont de Bois, Résidence, Triolo Sud-Ouest…).

Dans ces quartiers plus difficiles, il nous faut impérativement construire une école attirante, de manière à inverser la tendance : non seulement faire en sorte que les familles laissent leurs enfants dans l’école du quartier, mais également donner envie aux habitants des quartiers plus favorisés d’y scolariser leurs enfants.

Cela doit passer par une réelle volonté d’initier et de soutenir des pratiques éducatives innovantes dans ces écoles.

Les aides municipales doivent être conséquentes dans ces écoles, et porter sur des projets forts, motivants et ciblés (culture, sport…).

De manière complémentaire, il convient également de rendre ces bâtiments le plus accueillant possible : cela implique de fournir un réel effort quant à la rénovation et à l’aménagement des bâtiments, qui se doivent d’être rénovés selon les normes Haute Qualité Environnementale.