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Chemin du marais : réaction de l’association SAVE (Hem)

jeudi 29 mars 2007


Enquête publique à Villeneuve d’Ascq

Objet : suppression d’un chemin rural pavé dans le parc du héron

Veuillez prendre connaissance de notre avis négatif sur la suppression du chemin pavé dans le prolongement de l’avenue de Brigode, objet de l’enquête .

L’insuffisance de publicité pour cette opération intéressant tous les habitants de la métropole est manifeste et cela mériterait de prolonger cette présente enquête publique dont nous avons pris connaissance tardivement par des amis

La valeur patrimoniale du chemin pavé doit être retenue. Un chemin de ce type doit en effet être préservé et valorisé surtout dans ce site touristique essentiel de la métropole lilloise, même s’il ne fait que quelques centaines de mètres. Son maintien apporte un plus, une valeur patrimoniale supplémentaire au site récréatif remarquable qu’est le parc du héron..

Ce chemin est recensé au PDIPR comme chemin de promenade et sa désaffection par le public n’est pas effective. Celui ci emprunte un autre chemin en schistes privé appartenant à la SEDAF mais qui semble provisoire. En supprimant ce chemin, on prive les promeneurs d’accés direct au lac et il n’y a pas de juste compensation proposée à son annexion.

La SEDAF veut en fait réaliser une opération d’urbanisme près du lac du héron pour une catégorie de gens très aisée.

Elle veut redessiner une route d’accès pour desservir les maisons du lotissement en projet qui seraient ainsi près du golf de Brigode, soit dans un cadre très privilégié et même très exceptionnel dans la métropole lilloise.

Le lotissement de l’avenue de Brigode serait ainsi prolongée vers le lac. Dans cette perspective, ce chemin constitue bien évidemment une gêne pour le promoteur et l’aménageur, d’où cette volonté de le supprimer. Il nous semble évident qu’une fois le lotissement construit, la voie d’accès privée au lac sera interdite au public. Or au vu des documents fournis à l’enquête publique, il ne semble pas y avoir un chemin public prévu en compensation de la perte du chemin pavé.

D’une façon générale, nous ne sommes pas d’accord avec l’urbanisation de ces lieux , qui permettrait à une population très aisée de s’acheter le paysage du lac du héron . Ce n’est ni moral ni souhaitable. Ce parc constitue un ensemble vert de nature récréatif ouvert à tous les habitants de la métropole. Il ne doit pas sous prétexte d’un manque de logements dans la métropole et de qualité environnementale remarquable, être amputée progressivement de ses espaces verts.

Bien au contraire, le parc du héron peut et doit s’agrandir sur ces espaces jusqu’à la voie ferrée. Il y a de la place certes, mais l’Espace Naturel Métropolitain (ENM )doit racheter ces territoires pour les aménager un jour. Le SDDU veut d’ailleurs bâtir un parc de 10000 hectares d’espaces de nature dans le cadre d’un plan vert métropolitain . Cette zone est classée en ZNIEFF et en site sensible d’intérêt régional pour leur valeur écologique remarquable. La trame verte et les parcs doivent s’étendre à partir de ces espaces classés. C’est à partir du lac que l’extension doit se faire progressivement sur des espaces agricoles et verts ordinaires. C’est dans la logique des choses. Cela implique de résister à la forte pression immobilière. Cette opération se réclame à tort d’une procédure d’utilité publique. En fait il s’agit d’une opération privée qui répond à un intérêt économique non public dans une zone dominante naturelle et récréative. Ce n’est pas une opération d’intérêt général mais une opération répondant à des intérêts particuliers qui va dans le sens d’une atteinte à la zone verte homogène dominante.

Nous sommes très étonnés qu’une municipalité socialiste qui devrait plutôt être préoccupée par la construction de logements sociaux, propose une telle initiative qui ne profitera pas au plus grand nombre mais à une classe sociale très aisée et très privilégiée. Nous sommes scandalisés qu’elle ait prévue au PLU à l’intérieur d’un grand espace vert communautaire, d’intégrer des zones constructibles . Nous savons qu’il s’agit ici d’un lotissement de 22 maisons mais aussi qu’il s’agira d’urbaniser un peu plus loin jusqu’à la voie ferrée où plusieurs dizaines d’hectares de zone verte sont classés en AUDm. Notre association avait d’ailleurs relevé dans le projet de PLU le caractère anormal de ce classement constructible si proche du lac du héron et nous l’avions signalé à l’enquête publique, sans réaction du syndicat mixte et des élus communautaires ..Ce poumon vert, pour nous, comme pour la majorité des citoyens doit rester naturel et récréatif. Il ne doit pas être grignoté à sa périphérie par une urbanisation qui porterait atteinte à sa richesse biologique

Y a t il eu unanimité au sein du conseil municipal pour réserver ces espaces au PLU ? Quelle est la position du Maire ? La population est elle informée de ces faits ?

Cette zone est classée aussi en ZAD ( 8 octobre 2004) ce qui lui confère une certaine protection, cela est contradictoire avec ces classements incongrus en UCb 0,20 et AU Dm. Elle est très proche du lac donc potentiellement inondable et nous aimerions avoir l’ avis de l’ENM., de LMCU et de la DIREN.

L’évacuation des eaux pluviales et usées constitue un problème sérieux de pollution du lac qu’il faudra prendre en compte

Enfin il nous paraît bizarre que ce chemin dit rural soit en zone Ucb. Son statut juridique et le type de procédure engagée doivent être vérifiés car il est en zone urbaine

Pour ces raisons notre avis sera défavorable à l’aliénation de ces chemins. Une procédure de déclassement de ces zones constructibles au PLU dans la continuité de cette enquête nous semblent salutaire. Le PLU hémois dans des conditions similaires a classé constructible une zone fortement inondable située en ZNIEFF et en site sensible d’intérêt régional, dans la partie nord du Parc du Héron. Le PLU n’a pas hésiter à repousser de 150m les limites d’inondation réelles, afin de permettre à une entreprise textile locale d’augmenter son emprise industrielle. Trois ans après, elle se délocalise en Chine, en laissant une Station d’épuration neuve qui a coûté 3,2 millions d’euros aux contribuables via l’Agence de l’eau. Hem le 29 mars 2007 Le président, JC Dufresne

Association SAVE 15 rue du Rivage 59510 Hem